

Sont des maladies dues à des virus qui s'attaquent au foie. Le foie est un organe clef du corps humain, fabriquant de nombreuses substances indispensables, et détoxiquant l'organisme : une sorte de laboratoire transformant les médicaments, les composants alimentaires ou les poisons pour les rendre (essayer ) compatibles avec l'individu.
Lorsque le foie est malade à cause d'un virus d'hépatite, les symptômes sont dominés par des nausées, des maux de tête des courbatures, un manque d'appétit et des douleurs articulaires. Puis progressivement s'installe l'ictère (ou jaunisse ). Mais très souvent l'infection est inapparente et c'est par hasard, lors d'un examen sanguin que l'on s'aperçoit que l'on a eu une hépatite.
Il existe dans le monde plusieurs virus répertoriés susceptibles de transmettre cette maladie. A partir d'un tableau initial quasi-identique pour tous, c'est l'évolution, le mode de contamination et les possibilités thérapeutiques qui vont les différencier.
L'évolution peut se faire de manière fulminante, c'est à dire très grave avec décès presque assuré en l'absence de greffe du foie en urgence. C'est heureusement rare.
De manière chronique, plus ou moins fréquemment selon les virus, avec des formes actives et des formes stables (on parle de porteurs sains ). Ces formes chroniques actives peuvent évoluer vers la cirrhose du foie (c'est à dire une destruction progressive de l'organe) cirrhose qui peut elle-même évoluer dans un certain nombre de cas vers un cancer du foie.
L'hépatite peut également guérir spontanément après environ trois mois d'évolution ce qui est heureusement le cas le plus fréquent.
Le traitement ne concerne que les formes chroniques. Il est lourd et inconstement efficace. C'est dire l'intérêt de la prévention qui repose sur les mesures d'hygiène cas de contact avec un sujet infecté et surtout sur les vaccinations.

L'HEPATITE A
La plus fréquente
La plus bénigne : exceptionnellement fulminante, pas de forme chronique (donc pas de cirrhose ni de cancer )
La transmission est orofécale, c'est à dire qu'elle se fait par les aliments et boissons souillés.
Il existe un vaccin non remboursé (deux injections à six mois d'intervalle puis un rappel tous les dix ans
Deux marques vendues en France HAVRIX et AVAXIM - prix approximatif : 200,00frs )
Ce vaccin n'est ni obligatoire ni nécessaire sur le territoire français. Par contre pour le plongeur voyageur, il est préférable de le faire si vous partez en zone dite tropicale (mer rouge-maldives-caraibes hors zone française ou américaine)
Néanmoins il n'existe pas de preuves documentées que la pratique de la plongée(échanges d'embouts par exemple) constitue un risque particulier et le plongeur doit se protéger au même titre que les autres voyageurs.

L'HEPATITE B
Donne peu ou pas de symptômes
Il existe des formes fulminantes et des évolutions vers la chronicité, la cirrhose ou le cancer (à titre d'information, statistiquement, sur 100000 patients infectés, 450 auront un cancer du foie).
La transmission est sexuelle (rapports non protégés), sanguine (transfusions et toxicomanies intraveineuses) et dans une moindre mesure par la salive (tous les auteurs ne sont pas affirmatifs sur ce point). La vaccination est obligatoire pour les professionnels de santé, et il y a depuis quelques années une campagne nationale incitant l'ensemble de la population à la faire.
Il existe en France deux vaccins remboursés à 65 % par la sécurité sociale, ENGERIX B 20 et HB VAX DNA 10 (deux injections à un mois d'intervalle, un rappel à six mois puis tous les cinq ans - prix indicatif : 116,00frs la dose).
Là encore le risque de contamination directement lié à la plongée elle-même est au plus minime mais la vaccination est à mon avis indispensable ! Le plongeur n'est pas différent du reste de la population. Il en va de même pour l'utilisation des préservatifs (l'après plongée peut réserver des surprises et il n'y a pas que l'hépatite qui se transmette par voie sexuelle). L'hépatite B reste une maladie potentiellement grave dont il faut tenir compte.

L'HEPATITE C
Difficile de ne pas parler de cette maladie, même si elle ne concerne pas spécifiquement le plongeur, mais l'ensemble de la population. L'hépatite C est en effet en passe de devenir un sérieux problème de santé publique ; on estime que 8 à 10000 personnes en meurt chaque année aux USA et que ce chiffre risque de tripler dans les prochaines années. En effet dans cette hépatite le pourcentage de chronicité et d'évolution vers la cirrhose et le cancer est beaucoup plus important que dans la B.
La transmission se fait principalement par voie sanguine (transfusion mais aussi examens médicaux invasifs) et sexuelle. Il n'existe pas de vaccin.
Il est à noter que chez les personnes atteintes d'hépatite C, la survenue d'une hépatite A aggrave la situation.
Il existe d'autres hépatites (D, E, F etc.….) dont la connaissance n'a que peu d'intérêt pour le plongeur.

CONCLUSION
En matière d'hépatite virale, le risque réel de transmission en plongée est actuellement mal évalué. Il ne paraît pas très important et le plongeur doit se considérer comme un citoyen comme les autres à savoir s'imposer la vaccination contre l'hépatite B comme une nécessité eu égard à la gravité potentielle de la maladie et de sa fréquence. Cela rentre dans le cadre de la politique vaccinale menée en France depuis 3 ans, politique qui reprend les recommandations de l'O.M.S.(Organisation Mondiale de la Santé).
Les récentes campagnes médiatiques sur la nocivité du vaccin sont sans fondement. La FFESSM recommande elle aussi cette vaccination.
- Bien que la FFESSM recommande aussi la vaccination contre l'hépatite A, je pense pour ma part qu'on peut la réserver à des séjours en zones à risque du fait de l'immunisation naturelle (vous êtes peut-être déjà protégés sans le savoir), de la bénignité de la maladie et du coût du vaccin qui à ce jour n'est pas remboursé en France.
médecin F.F.E.S.S.M.
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